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Photoquai : Le monde se promène en bord de seine

 

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Du 30 au 25 novembre, le quai Branly fait sortir de ses murs et des pays concernées par le musée : Afrique, Asie, Océanie, Amérique…, la diversité des manières de percevoir le monde non occidental de nos jours.

Le monde a regardé le monde et le projet photoquai a pour vocation de le révéler au public parisien et international, et faire que ces photographes et artistes venus des quatre coins du globe puissent être mis en lumière et que leur talent soit reconnu.
L’originalité première de photoquai est d’avoir élargit la vitrine du quai Branly en la laissant se balader le long de la seine entre le musée et le pont de l’Alma en la traversant même sur la passerelle Debilly : A l’image des bouquinistes parisiens, ce musée aéré permet un accès gratuit à tous.
Mais la promenade ne s’arrête pas là, également accueilli dans des musées et institutions comme le Louvre, le jeu de Paume, la Bibliothèque nationale de la marine, la Maison européenne de la photographie, la Cité de l’architecture et du patrimoine, mais aussi des ambassades, instituts, centre culturels étrangers…tous ce sont mobilisé pour un accueil chaleureux de ces œuvres.
Cette Biennale des images du monde est donc une manifestation populaire, accessible à tous, mais également pointue, pour les amateurs avertis et les professionnels.
 Et en associant les expositions-projections, en promenades extérieures le long des quais de la seine, aux accrochages de tirages argentiques à l’intérieur des institutions, le quai Branly intègre l’environnement au projet et fait ainsi de la Seine le trait d’union entre tous les lieux d’expositions.

Grâce à photoquai nous pourrons réaliser qu’ « il n’y a pas que l’Occident qui regard le reste du monde, le reste du monde – de fait la plus grande partie de l’humanité – regarde, lui aussi le monde. Les images du monde occidental circulant plus que celles du monde non occidental, il est temps de faire découvrir les autres images » explique le directeur artistique Jean Loup Pivin.

75 photographes, 25 vidéastes de 35 pays participent aux expositions, l’accent est donc mis sur les zones géoculturelles non occidentales mais sans pour autant en exclure les photographes voyageurs européens ou occidentaux, même s’ils sont minoritaires.
Les œuvres contemporaines sont mises en avant mais l’on retrouve aussi celles appartenant à l’histoire de la photographie mondiale.

Cette biennale accueille donc des images et vidéos venues du Canada, de Corée, d’Afrique du Sud, d’Iran, de Madagascar, de Nouvelle-Zélande, d’Egypte, du Méxique, de Russie, du Brésil, du Cambodge, d’Argentine, du Mali, des Caraïbes, et de la République démocratique du Congo...
 Il est également important de préciser que ce ne sont pas des occidentaux qui sont allés les chercher, les photos venues de tous les continents sont passées au filtre de correspondants locaux, en majorité des spécialistes de la photographie, responsables de festivals ou d’institutions. Ces professionnels sont plongés dans leurs cultures et leurs réalités, c’est pourquoi le résultat donne un melting-pot qui réveil l’œil et fait la chasse aux clichés exotiques.
Jean Loup Pivin également cofondateur de la mythique « Revue Noire », souligne par ailleurs : « La vraie surprise vient de l’ensemble qui donne un sentiment du monde, avec beaucoup d’âme. Le vrai propos politique de cette exposition est de changer notre regard. La plupart du temps, on raconte aux non occidentaux une histoire de leur pays qui est celle de l’exotisme. On en donne une représentation qui n’a rien à voir avec la réalité ».

Des photos venues de Chine, de l’Arctique Inuit ou de Russie explorent trois grand thèmes : La nature, les hommes, leurs comportement.
L’ambassade d’Australie, voisine discrète du musée, elle, expose avec le soutien du musée d’Art Contemporain de Sidney un extrait de vingt années de travail de Ricky Maynard. Ce photographe aborigène originaire des îles Flinders dans la mer de corail a concentré son travail sur son archipel et sur son peuple ; oscillant entre des portraits saisissants et des paysages d’une beauté surréaliste. Sa dernière série se concentre à dessiner la carte des communautés aborigènes à partir des sites qui ont toujours été source d’inspiration pour les chants et les légendes.
L’Ambassade du Brésil à pour sa part mis à l’honneur le photographe Salgado et ses œuvres sur les Indiens du haut Xingu et la cité de l’architecture et du patrimoine à elle choisit d’exposer les photographies du Malien Alioune Bâ en noir et blanc sur l’architecture en terre de son pays.
D’Iran, se sont les femmes qui ont su faire remarquer leur travail, avec Mehranesh Atashi, une photographe audacieuse qui plonge dans le monde des hommes en franchissant les portes des salles de sports de son pays. Et Shokoufeh Alidousti, photographe également qui revisite avec brio le portrait de famille.
Sans oublier le pays qui abrite la plus importante population mondiale, l’Inde, où l’on pourra découvrir les portrait de Anay Mann, qui a par ailleurs exposé cet été à Arles les photos de famille et qui revient pour l’occasion avec des portrait très singuliers d’indiens pris dans la vie quotidienne.
Ce voyage autour du monde peu se parfaire au sein même du musée du quai Branly, avec un retour dans le passé comme un contre point à la promenade extérieure; vous y découvrirez des précieux daguerréotypes réalisés entre 1841 et 1851.

Le projet « Photoquai » s’articule donc autour de plusieurs axes forts :

-Photoquai mostra : Intérieur (dans les musées, centres culturels, ambassades, galeries…), et extérieur (sur les quais de la Seine) avec plus de trente expositions et lieux de projections.

-Photoquai forum : Débats et échanges avec des photographes, des vidéastes, des agences et des festivals internationaux tels celui de Chine, d’Amérique Latine, d’Afrique…

-Photoquai studio : Les étudiants des Beaux Arts, des écoles de l’image et les artistes de plusieurs continents fabriquent des images pendant photoquai sur un bateau.

-Photoquai international : Constitution d’un réseau d’informations et de coopération entre différentes institutions, agences, festivals.

Ainsi photoquai se réalise en partenariat avec de nombreuses manifestations internationales : le festival de Canton, les rencontres de Bamako, le festival de l’image de Sao Paolo, la Biennale de l’image des Caraïbes (en cour de création à Fort de France)…
Sans oublier que photoquai se tiens en alternance avec le Mois de la photo, l’autre biennale parisienne.

« Pour une fois, les visions exotiques qui ont tant nourri l’imaginaire de générations d’européens ou les perceptions sensationnelles des guerres et de la misère transmises par le photoreportage vont enfin s’effacer » écrit l’Humanité.
On pourrait même rajouter que c’est vraiment pas trop tôt et que ce type de manifestation ne pourra que rassembler les hommes afin qu’ils apprennent à se connaître sans à priori
 


créé le 02/11/2007 | 462 visites


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